CSIO de Lons : Martinot vous salue bien !

18 juin 2007 – Le Progrès
Au terme d’un barrage de toute beauté, fini sous une pluie battante, Jean-Michel Martinot est venu coiffer sur le fil Eric Navet et Marie Pellegrin, pour un triplé français détonant. Le fruit d’une si longue quête pour le cavalier de Cluny.

Lors de la remise des prix, le clan Martinot a eu du mal à contenir ses larmes. Durant la traditionnelle Marseillaise couronnant le vainqueur du Grand Prix « Véolia propreté », Jean-Michel Martinot, le héros du jour, et son éleveur de père Michel, juché à ses cotés, laissèrent perler une émotion très compréhensible quand on sait d’où revient Fidélio du Donjon, leur monture de l’élevage de Merzé. Mais au-delà de leur propre histoire familiale, les deux hommes appréciaient d’autant plus cette renaissance qu’elle fut acquise dans un contexte éminemment relevé. S’imposer à Lons était déjà inespéré pour le couple de Cluny, mais le faire devant une référence comme Eric Navet tenait presque de l’irréel pour Jean-Michel Martinot, au devant de sa dixième participation à Montciel. « En arrivant ici, j’espérais juste entrer en barrage pour confirmer la progression actuelle de Fidélio du Donjon, confiait après coup le vainqueur 2007. Mais franchement, je n’imaginais vraiment pas gagner, surtout devant un Monsieur comme Eric Navet ! ».

Six cavaliers au barrage.
Et pourtant, au terme d’un Grand Prix passionnant, le rêve est devenu réalité pour le cavalier bourguignon. La tâche n’était pourtant pas simple. En effet, pour départager au mieux les 53 prétendants à la victoire finale, Jean-François Gourdin, le chef de piste, avait concocté un menu fin certes, mais ô combien indigeste sur la durée. En l’espèce, 16 obstacles divers et variés, des barres montant jusqu’à 1,60 mètre. Bref, du lourd, du très lourd même pour espérer aller chercher le graal lédonien. Au terme d’un premier tour qui piégea des ténors de la trempe de Kevin Staut (faute sur le dernier obstacle), Suzanne Pepper (2 victoires en trois jours et meilleure cavalière du concours) ou encore Samantha Mc Intosch (piégé sur l’avant-dernier) six cavaliers restaient en vie : l’Irlandais Dave Quigley, l’Autrichien Puck Gerfied, le Belge Vincent Lambrecht (meilleur cavalier étranger du concours et vainqueur le matin du Prix Sogeprim) et la triade français composée de Marie Pellegrin, Eric Navet et de l’inattendu Jean-Michel Martinot.

Le tout pour le tout de Lambrecht.
Tout allait donc se jouer dans un barrage à couper le souffle, réparti sur 8 obstacles toujours aussi sélectifs. Quigley le débutait mais avec deux fautes, s’excluait de la lutte à la victoire. Idem pour Puck sanctionné d’une grosse faute sur le 7. La victoire française commençait à prendre corps. Deuxième en 2005, Marie Pellegrin, sur Ice d’Ancoeur, pouvait imaginer faire encore mieux en signant le premier sans faute du money time (43’’75). Mais c’était sans compter sur Mister Eric Navet et Hym d’Isigny. Du haut de son statut de favori, la légende tricolore assurait son passage, gérait d’un œil le chrono et de l’autre son sens parfait de la trajectoire.
Sans faute ! Et en 42’’51 s’il vous plaît ! Plié le Grand Prix ? Beaucoup y pensèrent sans doute. Jusqu’à l’apparition, juste derrière lui, de Jean-Michel Martinot. « En attendant mon tour, j’ai beaucoup analysé le passage d’Eric, confesse le Clunysien. Après le 2, j’ai vu qu’il avait pris un peu large et qu’il avait parcouru la ligne dernière droite en 12 foulées. Je savais donc ce qu’il me restait à faire ! ».
En 40 secondes et 14 centièmes, la magie s’opéra. Sans faute comme le maître, le Bourguignon coupa court après le 2 et se fendit de 10 foulées dans le rush final. Du grand art. Sauf que Vincent Lambrecht pouvait encore tout faire basculer. Avec toute la pression du monde sur sa bombe, le Belge lança Cashmira dans la bataille, le couteau entre les dents. Sans faute après sept obstacles, mais légèrement en retard au temps, ce dernier se jeta à corps perdu sur l’ultime obstacle, avant de faire chuter la dernière barre du CSIO 2007. Toute la fierté du clan Martinot pouvait alors se mettre à perler.

Cyrille Brero
cbrero@leprogres.fr

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