La surprise Martinot

27 juillet 1998 – Le Journal de la Haute-Marne
Jean-Michel Martinot a cloué le bec à tous les favoris présents lors de l’épreuve-phare de ce week-end. En réalisant deux sans-faute, durant l’épreuve puis le barrage chrono, il n’a guère laissé de chances aux habitués des joutes internationales : une sacré performance !

On attendait beaucoup de spectacle et le public n’a pas été déçu ! Plus de huit cent cavaliers se sont succédés sur les terres du Haras du Vieux Moulin pendant les trois jours de compétition. Avec un programme extrêmement chargé de quatorze épreuves, la troisième édition du Concours de Saut d’Obstacles de Chaumont, classée National 1 Open, avait pourtant débuté doucement le vendredi. Les tribunes sonnaient un peu le creux et le public, clairsemé autour du terrain, n’avait pas franchement répondu à l’attente des organisateurs, l’Association des Cavaliers Propriétaires de Chaumont-Choignes. Son président, M. Clément, ne montrait pourtant pas de réels signes d’inquiétude.

« Le vendredi est un jour de semaine. Les gens travaillent et n’ont pas vraiment le temps de venir apprécier cette première journée. »

Sur la piste par contre, les ténors étaient déjà au rendez-vous. Les Franzoni, Pelamatti, Sonntag, Goubard, ou autres Lafon… testaient déjà leurs montures sur les épreuves de moindre envergure, reconnaissant un terrain de premier ordre et des parcours parfaitement dessinés.

Bertrant Thiéblin aime Chaumont
Les choses sérieuses commençaient le lendemain avec cinq épreuve au programme – comme la veille – les spectateurs, nettement plus nombreux et enthousiastes allaient faire connaissance avec le haut niveau. Point d’orgue de la journée de ce samedi, le Grand Prix du Conseil Général (B1) qualificatif pour le championnat de France de deuxième catégorie DNSE, n’allait pas décevoir les amateurs.
Sur un parcours visiblement ardu, les « sans-faute » n’étaient pas nombreux. Pourtant, Pascal Fèvre, deuxième cavalier à s’élancer dans cette épreuve, montrait parfaitement le chemin à suivre en se qualifiant rapidement pour le barrage. Un barrage chrono qui allait être très long à se dessiner, puisque pendant plus d’une heure, aucun adversaire n’allait être capable d’imiter Pascal Fèvre. A commencer par le tenant du titre Jean-Jacques Vray… que ce soit avec Amourette la Sbel ou son cheval-fétiche, Rafale de Montsec, il commettait toujours la faute de trop.
Parmi les autres favoris, François Pélamatti, vice-champion de Champagne, Nicole Lafon, championne de France des cavalières 96 et vice-championne de France du critérium première catégorie 97, ainsi que toute la jeune génération : Julien Laibe, Nicolas Pierre, Benoit Richard, Fabien Debost ou Frédéric Sonntag, étaient incapables de suivre le rythme qu’avait d’entrée imprimé Pascal Fèvre.
C’était sans compter sur le talent de Bertrand Thiéblin. L’Aubois, vainqueur lors du CSO de la Dame Huguenotte à Chaumont quelques semaines plus tôt, montrait une nouvelle fois combien il appréciait l’air haut-marnais et venait contrarier Pascal Fèvre, dans un barrage que l’on n’espérait plus du côté du public.
Deux cavaliers pour un titre : la bataille s’annonçait serrée, même si Trévisse du Breuil, le cheval de Bertrand Thiéblin, déferrait juste avant le début du final. Un contretemps qui ne dérangeait pas le Troyen puisqu’après un parcours quelque peu « raté » de Pascal Fèvre, Bertrand Thiéblin s’adjugeait la mise sur un nouveau « sans-faute ».

Martinot sans complexe
Les engagés de l’épreuve-reine n’avaient plus qu’à relever la comparaison et à offrir le dimanche un spectacle de même qualité aux spectateurs venus encore plus nombreux que les jours précédents.
Premier à se rattraper de la veille, Jean-Jacques Vray effectuait le premier « sans-faute » de cette compétition de la première catégorie (A1), qualificative pour les championnats de France 1ère et 2ème catégorie. Il était immédiatement suivi du cavalier colombien René Lopez. Et si Franck Goubard réussissait la même performance, deux autres favoris allaient se casser les dents sur ce parcours. François Franzoni, à la carte de visite impressionnante (participation aux JO de Montréal en 76 et au championnat du monde en concours complet) était victime d’une chute avec Djeddi du Rosier puis ne pouvait éviter les fautes avec ses deux autres chevaux, Diana Tetti et Bouquet du Manoir 2. Un malheur dans lequel le rejoignait Marius Kugel, multiple vainqueur de Grand Prix dans l’Est de la France, et qui, lui aussi ne parvenait à se qualifier.

Une nouvelle fois, quelques inattendus allaient « sortir du chapeau » et Xavier Lorrain, Georges Konczewski (avec deux chevaux), Pierre Gautherat, Charles Boyer et Jean-Michel Martinot rejoignaient finalement les autres finalistes du jour. Neuf barragistes dont quatre effectuaient un nouveau « sans-faute ». Au chrono, Jean-Michel sur Thiernay empochait le gros lot d’une épreuve haletante.

Laurent Génin

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